mercredi 16 mars 2016

Point final (Dernière valse)

Un petit texte écrit par rapport à la rupture amoureuse.


Image du film Anna Karenine de Joe Wright




Ils étaient là tous les deux, assis sur le canapé, à se regarder comme des cons. Ils ne savaient plus vraiment quoi dire ni quoi faire. Alors ils restaient assis à attendre que l’un deux prenne la parole. Puis le silence a commencé à devenir pesant. Insupportable. C’est à ce moment-là que les mots sont sortis : « Je crois que je ne suis plus amoureuse ». Quand elle a pris conscience de ce qu’elle venait de dire, des larmes ont coulé sur son visage. Elle ne veut pas l’admettre. Lui non plus. Pourtant c’est bien fini. Ils sont en train d’écrire le point final de leur histoire à tous les deux. Et ça fait mal. Terriblement mal. Ça fait comme recevoir un coup de couteau dans les entrailles. Le garçon acquiesce, il ne sait pas quoi répondre. Il n’y a rien à répondre de toute façon, au fond de lui il sait que c’est vrai. Lui aussi, il l’a sentie venir cette fin. Ça s’est glissé insidieusement entre eux. Plus de mots doux, plus d’affections, plus d’envie. Tout ça c’était envolé. Il se souvenait de son regard au début de leur relation. De la manière dont ses grands yeux bleus le regardaient, avec amour et passion. A ce moment-là, elle aurait pu passer toute sa vie à le regarder et elle aurait été parfaitement heureuse.
Dehors, il pleut à torrent, comme souvent dans cette région. Le vent claque contre les fenêtre et les gouttes d’eau inondent la ville.
                Ils se demandent tous les deux comment ils ont fait pour en arriver là. Comment ils ont fait pour devenir deux étrangers. Comment leurs sourires et leurs caressent se sont un jour transformés en ennui et en indifférence. Ils étaient devenus froids tous les deux, distants. Elle ne voulait plus lui faire l’amour et le repoussait doucement le soir quand il se mettait contre elle.
La pluie continue de tomber et ils ressassent leur histoire. Pas un mot. Pas un bruit. Pourtant leur pensée est unanime : le temps avait suffi à faire sombrer leur amour. Le temps avait petit à petit fait son affaire et il avait tué leur amour de lycéens. Et ils ne pouvaient rien y faire. Bien sûr ils auraient pu faire comme la vieille femme qui s’achètent des crèmes trop chères pour combler les marques que la vie lui a laissé sur son visage. Mais ça ne marche jamais ces histoires-là et le temps finit tjrs par revenir tôt ou tard. Il ne sert à rien de faire semblant et de se fatiguer à essayer de réparer les morceaux cassés.
Au fond ils avaient vécu une jolie valse tous les deux. Ils s’étaient rencontrés un soir, ils avaient tourbillonné main dans la main, les yeux dans les yeux. Ils étaient tellement beau à regarder. Tout leur amour inondait la pièce. Mais à force de tourner, ils ont commencé à s’essouffler, à se sentir fatigués. Ils ralentissent. Leurs pas ne sont plus accordés. Ils se regardent d’un air confus et se demandent ce qu’il se passe. Ils ne dansent plus sur le même temps. Petit à petit, chacun de leur côté, ils ont changé de tempo. Leurs pieds se mélangent, ils se marchent dessus. Ils se font souffrir. Puis l’inéluctable arrive et ils tombent tous les deux à la renverse. Là, le cul par terre et les bras ballants, ils ne comprennent pas. Alors ils se saluent brièvement comme honteux d’y avoir cru. Avoir cru que le bonheur pouvait être éternel et que leur histoire à eux serait différente.
Dehors il continue de pleuvoir, c’est de pire en pire et le torrent continue de verser ses flots sur les joues de la fille. Le garçon se lève et prend ses affaires. La fille l’accompagne jusqu’à la porte. Ils se regardent une dernière fois et elle lui laisse un baiser humide sur les joues.
Il s’en va sous la pluie. Jour gris et nuages noirs. Dans sa tête tout est sombre, elle court se mettre dans son lit. Il y a une plaie ouverte dans son cœur maintenant et il n’y a rien à y faire. A part attendre que le temps fasse encore son affaire.

Un peu de Nina Simone dans ce monde de brutes!



"And what have i got ? Why am i alive anyway ? What have i got nobody can take away ?Got my hair, Got my head,Got my brains, Got my ears,Got my eyes, Got my nose,Got my mouth, Got my smile [...] I have a life ... I got my freedom ... I have life, I have life ... I've got to keep it!"


Nina Simone ou l'art de te donner goût à la vie en toute simplicité. 

dimanche 13 mars 2016

Syndrome de l'imposteur


Léonardo DiCaprio dans "Arrête-moi si tu peux" = imposteur badass number 1


Il y a quelque chose qui me poursuit depuis que je suis petite. J’ai la vague impression que je ne serai jamais assez douée-capable-talentueuse pour réussir dans un domaine qui me plaît. J’ai beau avoir toujours été une bonne élève, avoir eu mon bac avec mention bien (un joli 17 en littérature et un 14 en philo, c’est plutôt pas mal non ?), avoir validé mes trois années de licence du premier coup et bien force est de constater que je me sens toujours aussi nulle. C’est peut-être même pire. Parce que le gros problème c’est que je ne me sens absolument pas légitime. Comme si la réussite était quelque chose qui m’était totalement interdite. Ça explique peut-être aussi le fait que je déteste participer en classe parce que j’ai cette impression que les gens vont se rendre compte que je suis vraiment nulle et que je ne mérite pas ma place. Je vis avec la crainte permanente qu’un monsieur en costume gris vienne frapper à ma porte et me dise : 

« Mademoiselle je vous arrête pour cause de non talent et d’imposture internationale, vous avez eu beau vous cacher toutes ces années derrière vos bon résultats scolaires, maintenant vous ne duperez plus personne, nous savons tous que vous êtes nulle. Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. » Et je m’en irai, les menottes aux mains, devant les faces ébahies de mes proches qui se diraient « Merde, nous aurait-elle menti ? ».

Alors voilà, j’ai tellement la trouille d’être démasquée que j’ai fini par arrêter mes études (enfin ce n’est pas uniquement pour cette raison, il y a pleins d’autres facteurs qui rentrent en compte). D’un côté ça me fait du bien, ça me permet de prendre du temps pour moi et de travailler un peu histoire de renflouer mon compte en banque mais quand vient le moment où je dois repenser à ma reprise d’étude, le doute revient et me submerge. 

Un cas concret ? J’ai trouvé il y a quelques semaines de ça, un master super intéressant à Paris IV qui porte sur le domaine de l’édition et de l’audiovisuel. Il faut justifier d’une licence pour pouvoir y rentrer, à priori ça ne pose pas de problème. A priori. Parce que dans ma tête, il y a cette foutue voix qui revient et qui me dit : « mais qu’est-ce que tu vas foutre là-bas ? Il va y avoir que des grosses têtes super intelligentes, tu vas te ridiculiser encore une fois. Et puis c’est à Paris, qu’est-ce qu’une provinciale de ton espèce va aller faire dans la capitale ? ». Vous voyez le genre. Je suis passionnée depuis toujours par les voyages, l’écriture, je m’intéresse à énormément de choses, je suis très curieuse. Depuis le collège je veux être journaliste ou travailler dans des domaines plutôt littéraire (édition, audiovisuel etc..), pourtant je ne m’autorise pas à y arriver. Je m’invente des excuses tellement je me trouve nulle et incompétente et tellement j’ai peur que le monsieur en gris vienne me chercher.

En écrivant ces mots je me rends compte à quel point c’est ridicule de s’auto-flageller de la sorte et de se dévaloriser autant, mais malheureusement je ne suis pas sûre que cela suffise à me faire comprendre que, si, malgré tout, j’ai peut-être une place dans ce milieu . Mais que dois-je faire pour faire taire cette petite voix ? Qu’est-ce que je dois faire pour enfin avoir confiance en moi, avancer sereinement dans la vie, la tête haute et le regard droit sans craindre qu’à tout moment un parpaing ne s’explose sur mon crâne et ne me fasse payer le prix de mon imposture ?

vendredi 11 mars 2016

Instant poétique/réflexion

photographie de Dirk Wuenstenhagen



"Plus que les discours des hommes, écoute le souffle de la nuit et le murmure de ton cœur. Eux ne mentent pas."
 
                                                        Le Pacte des Marchombres, Pierre Bottero. 

dimanche 20 décembre 2015

Mon corps : cet oublié.



Halle Berry dans James Bond : corps athlétique et musclé, elle est absolument sublime !


Dans mon envie de reprendre ma vie en main, je dresse la liste de ce qui ne va pas vraiment chez moi. Il y a bien sûr mon anxiété, ma vision pessimiste outrancière des choses qui me donne l’impression que ma vie n’est qu’un parcours du combattant sans fin, mon manque de motivation, et ma procrastination. Puis il y a mon corps, partie essentielle de chacun d’entre nous que j’ai pourtant négligée voire même oubliée. J’ai arrêté de faire du sport et surtout d’y prendre du plaisir lors de l’adolescence, je suis devenue molle, lente. Étant de nature très mince, je n’ai donc gagné aucun muscle durant cette période.  Je suis très fine (trop fine en fait, pas maigre non plus mais à la limite de la maigreur), une allure en « i ». D’ailleurs les gens ne se privent pas pour me faire des petites réflexions acerbes de temps en temps, quand l’envie les en prend. Je dois avouer que je me sens assez faible et mal dans mon corps mais c’est à mettre en lien avec ma personnalité. Je suis d’un naturel timide, j’ai une estime de moi totalement bancale si ce n’est inexistante, j’ai du mal à me montrer, à montrer que j’existe. Alors mon corps suit mon cerveau : il est fatigué, faible, pas épanouie, en manque de vitalité. 

Pourquoi je vous raconte ça ? Honnêtement je n’en sais trop rien, encore une façon pour moi de graver ça quelque part. Tout ce que je sais, c’est que j’ai décidé de remédier à mon problème de corps fatigué et je vais donc me remettre au sport. Au programme : musculation, un peu de yoga, running et natation. Je pense que je vais aussi tester la sophrologie histoire de me décontracter et de prendre conscience de mon corps en profondeur. Je n’ai pas vraiment établi de programme. Pour le moment, ce sera deux footing par semaine de 20/30 min, quelques mouvements de yoga tous les jours et de la musculation quand l’envie me prend. Je vais attendre le mois de janvier pour commencer la natation. En fait je crois que c’est une sorte de bonne résolution pour la nouvelle année à venir : faire du sport pour être mieux dans mon corps et arrêter de me prendre la tête, de trop stresser et de me faire du mal. Allez on croise les doigts et on y croit ! 

Et vous, quel rapport entretenez-vous avec votre corps et avec le sport ?

A+